Comment se Concentrer pour Réviser Quand on N'y Arrive Pas

Adrien Riffaut11 septembre 20267 min de lecture
ConcentrationMéthode de travailOrganisationRévisions

En bref

La concentration se perd souvent par indécision : ne pas savoir précisément quoi faire ensuite laisse une ouverture que la distraction peut remplir. S'ajoute le résidu attentionnel, cette part d'attention qui reste accrochée à la tâche précédente après chaque interruption. Fermer ces fuites vaut mieux que forcer sur la volonté.

Vous vous installez pour réviser. Vingt minutes plus tard, vous êtes sur votre téléphone sans savoir exactement quand vous y êtes passé.

Le réflexe est de conclure à un manque de volonté. C'est presque toujours faux. La concentration ne se perd pas par faiblesse, elle fuit par des ouvertures précises, et on peut les fermer une par une.

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Ce qu'une interruption coûte réellement

Deux résultats de recherche éclairent le mécanisme, et ils ne disent pas ce qu'on croit. Ils viennent d'expériences en laboratoire : ils expliquent comment l'attention se comporte, ils ne chiffrent pas ce que vous perdez en révisant.

Sophie Leroy a décrit en 2009 ce qu'elle appelle le résidu attentionnel : quand on passe d'une tâche à une autre, une partie de l'attention reste accrochée à la précédente. Dans ses expériences, les participants qui quittaient une tâche inachevée réussissaient moins bien la suivante. Vous pouvez être sur le chapitre 3 avec une fraction de l'esprit encore sur le message que vous venez de lire.

Mark, Gudith et Klocke ont comparé en 2008 des personnes interrompues et non interrompues pendant une tâche, et leur résultat est contre-intuitif : les personnes interrompues ont terminé plus vite, sans différence de qualité relevée, parce qu'elles compensent en accélérant. En revanche, elles ont déclaré davantage de stress, de frustration, de pression temporelle et d'effort.

Autrement dit, une interruption ne ralentit pas forcément. Elle rend le travail plus coûteux à tenir, ce qui peut expliquer qu'on finisse par décrocher.

Les quatre fuites, par ordre de coût

Ce classement est un repère de travail, pas un résultat de recherche : personne n'a mesuré ces quatre fuites les unes contre les autres, et l'ordre peut varier d'une personne à l'autre.

1. Ne pas savoir quoi faire dans les trente secondes qui viennent

C'est la plus coûteuse à nos yeux et la moins identifiée. « Réviser la biologie » n'est pas une tâche, c'est un domaine. Face à une consigne aussi vague, il faut décider par où commencer, et cette hésitation est une ouverture : c'est souvent à ce moment-là qu'on va voir son téléphone.

La correction est mécanique : avant de commencer, écrivez la première action, pas le sujet. « Refaire l'exercice 4 sans le corrigé » ne laisse aucune place à l'hésitation. Les recherches sur les plans de type « si... alors » vont dans ce sens : dans une méta-analyse de 94 études (Gollwitzer et Sheeran, 2006), décider à l'avance quand, où et comment on passe à l'action avait un effet moyen à élevé (d = 0,65) sur l'atteinte d'objectifs très variés, et pas seulement scolaires.

2. Le téléphone, mais pas pour la raison qu'on croit

Le problème n'est pas tant le temps passé dessus que ce qu'un coup d'œil déclenche : c'est une interruption, avec le même type de résidu que celui décrit plus haut.

Le mettre en silencieux ne suffit donc pas, puisque vous le consultez quand même. Mettez-le hors de portée du bras. Se lever pour l'attraper demande un effort que la discipline seule ne fournit pas toujours.

3. Les sessions trop longues

Prévoir trois heures d'affilée sans pause expose à décrocher en cours de route, et le sentiment d'échec qui suit rend la reprise plus difficile.

Il n'existe pas de durée de concentration universelle établie par la recherche : elle dépend de la personne, de la matière et de la fatigue. Quarante-cinq à soixante minutes suivies d'une vraie pause sont une règle pratique que beaucoup d'étudiants tiennent bien, à ajuster selon vos propres signaux. Mieux vaut une pause sans écran : un fil d'actualité apporte de nouvelles informations à traiter, et il est plus difficile à interrompre que de marcher ou de boire un verre d'eau.

4. L'environnement

Il compte, mais moins que les trois précédents selon nous. Un bureau dégagé et un son de fond stable plutôt que variable sont des aides modestes. Ce n'est pas là que se joue l'essentiel, et réaménager sa chambre est souvent une façon élégante de ne pas commencer.

Ce qui ne marche pas

Se promettre de mieux se concentrer. Une intention vague ne ferme aucune des quatre fuites. Un plan précis (quoi, quand, où) tient mieux, comme le montre la méta-analyse citée plus haut.

La musique avec paroles. Sur un contenu verbal, à lire ou à mémoriser, elle entre probablement en concurrence avec le traitement du langage. Dans une étude de Perham et Currie (2014), la compréhension de lecture était moins bonne avec une musique à paroles, qu'elle soit appréciée ou non, qu'en silence ou avec de la musique instrumentale.

Travailler jusqu'à épuisement. Rester deux heures de plus quand la concentration est partie produit surtout de la relecture passive, que la revue de Dunlosky et ses collègues (2013) range parmi les techniques à faible utilité. Notre article sur comment étudier plus vite détaille ce qui rapporte davantage.

Changer d'application d'organisation. Reconstruire un système donne une impression de contrôle et ne produit aucun travail.

Fermer la première fuite

La première fuite, savoir quoi faire ensuite, est facile à fermer quand le sujet est balisé : un chapitre de votre cours, un exercice précis. Elle devient difficile avant un examen entier à préparer, parce qu'on ne peut pas décider de la prochaine action sans connaître la structure de la matière ni le temps qu'il reste.

Fastudy traite cette étape. Vous indiquez votre examen, sa date, la matière et vos chapitres tels qu'ils figurent dans votre cours, et vous pouvez ajouter le cours lui-même. Fastudy construit un plan : un chemin de sessions courtes, débloquées une par une, jusqu'au jour de l'examen, avec un compte à rebours.

Vous ouvrez l'application et la prochaine session est déjà là, sans choix à faire sur ce qu'il faut travailler. Chaque session propose de voir la leçon, puis de vous tester avec des exercices corrigés dès que votre réponse est complète. Se tester oblige à produire une réponse, ce qui laisse moins de place au pilote automatique que la relecture, et la revue de Dunlosky et ses collègues classe d'ailleurs le test de pratique parmi les techniques à utilité élevée. Si une notion bloque, George, la mascotte de Fastudy, vous l'explique depuis la leçon sans que vous ayez à chercher ailleurs.

Fastudy ne vous retirera pas votre téléphone : les autres fuites restent de votre côté. Pour répartir ces sessions jusqu'au jour J, voyez comment faire un plan de révision qui tient.

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Questions fréquentes

Comment se concentrer quand on n'a vraiment pas envie ?

Réduisez la première marche jusqu'à ce qu'elle devienne ridicule. Pas « réviser le chapitre 3 », mais « lire la première page ». Beaucoup de personnes constatent que l'envie vient après le début plutôt qu'avant, même si aucun délai précis ne vaut pour tout le monde. Fixer d'avance le moment et le lieu (« à 18 h, à mon bureau, je fais l'exercice 4 ») aide aussi à démarrer.

Combien de temps peut-on rester concentré ?

Cela dépend des personnes et de la difficulté du contenu : la recherche ne donne pas de durée universelle. Comme repère pratique, beaucoup d'étudiants travaillent bien par blocs de quarante-cinq à soixante minutes, parfois jusqu'à quatre-vingt-dix. Quand vous relisez la même phrase sans la retenir, c'est le signe qu'il faut faire une pause ou changer d'activité.

Faut-il travailler en musique ?

Cela dépend du contenu. Pour du travail verbal, lire ou mémoriser, la musique avec paroles a fait baisser la compréhension de lecture dans l'étude de Perham et Currie (2014), alors que la musique instrumentale ne la dégradait pas par rapport au silence. Pour des exercices répétitifs, l'effet varie selon les personnes : si vous vous surprenez à relire la même ligne, coupez.

Comment rester éveillé pendant les révisions ?

Commencez par votre sommeil : aucune astuce de révision ne compense des nuits trop courtes. Ensuite, passez de la relecture à une activité qui demande une réponse : se tester, réciter debout, écrire à la main, refaire un exercice. Changer de posture et de format casse la monotonie. Ce sont des conseils pratiques, pas des résultats mesurés sur la vigilance.

Le téléphone en mode silencieux suffit-il ?

Pas toujours, parce que le silence n'empêche pas de le consulter. La distance physique est plus fiable : dans une autre pièce, ou au minimum hors de portée du bras. Il est plus facile de renoncer à se lever que de résister à l'envie de regarder.

Comment ne pas se disperser entre plusieurs matières ?

Fixez à l'avance le nombre de matières par demi-journée, deux par exemple, et le moment du changement. La dispersion vient souvent du fait de décider en cours de route plutôt que du fait d'alterner : c'est la même logique que les plans « si... alors » cités plus haut.

Ressources utiles

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Co-Fondateur & Développeur
Adrien Riffaut

Autodidacte depuis toujours, Adrien a créé Fastudy pour résoudre sa propre frustration : pouvoir tout apprendre de manière structurée, sans dépendre d'un catalogue figé.

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